11 mars 2015

L'intégrité est payante, car elle permet de changer les choses !

L'honnêteté et le courage de ces jeunes préposées va peut-être permettre de faire avancer le métier de préposéE aux bénéficiaires en montrant que nous sommes capable de voir ces lacunes et de les dénoncer. Dans cette vidéo, elles expliquent clairement qu'est-ce qui ne va pas dans le système de santé. Elles expliquent comment les préposées se retrouvent isolées dans des situations à problèmes, qui sont hors de leurs compétences mais qu'elles doivent gérer parce qu'il n'y a pas les ressouces nécessaire :

Mise à jour le jeudi 19 février 2015 à 11 h 59 HNE

ICI RADIO-CANADA  : Aînés : le système laisse-t-il tomber les cas lourds?


http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2015/02/19/002-residences-privees-aines-sunrise-perte-autonomie.shtml

________________________________________________________________________________

Il faut davantage de témoignages comme celui de cette autre jeune femme courageuse et honnête, pour montrer aux aveugles le travail gigantesque que les préposées aux bénéficiaires (99,9 % des femmes) exécutent dans les résidences, dans les hôpitaux et les CHSLD avec vaillance et bienveillance !


Aide Soignante, elle crée une énorme onde de choc en publiant sa lettre de démission.

 |  | mots clefs : 

Cette courageuse femme quittait son travail en tant qu’aide soignante dans un Centre hospitalier en publiant sa lettre de démission sur les réseaux sociaux. Elle y explique explique la galère des aides soignantes et leurs détresses car effectivement les employés doivent remplir des tâches difficiles et surtout faire face à un environnement de travail peu reconnaissant. Voici sa lettre :
Bonjour,
À qui de droit, (membres de la direction, gouvernement ou tout autre personne qui détient le pouvoir de faire évoluer les choses…)
Ça fait des jours que je cherche la bonne façon de décrire, d’expliquer, de m’exprimer, afin de mieux faire comprendre les raisons pour lesquelles j’ai démissionné de ma vocation de PAB. Si je pouvais résumer en une phrase, je dirais « Mon métier me détruit » autant physiquement que psychologiquement. Je ne cherche pas la pitié, je demande seulement un peu d’empathie, de l’écoute et de la reconnaissance, de la compréhension, mais surtout du soutien, le désir de vous faire réaliser… que je tente de sauver mes collègues ainsi que les patients des centres hospitaliers, et peut-être recevoir un peu de ce que j’ai tant donné… !
Pour commencer, avoir entre 12 et 16 patients pour une seule préposée…. C’est selon MON jugement, INHUMAIN ! Comme j’aimerais vous faire visualiser !!!
D’abord, faisons une moyenne entre le minimum et le maximum de patients attribués à une préposée. Une journée typique où j’ai 14 patients. J’arrive à 7hrs am. Je dois distribuer le déjeuner à 8hrs am. Je dois évidemment lever tous les 14 patients au fauteuil (pour stimuler leur autonomie) en une heure, on se comprend là-dessus ?
J’aimerais savoir, combien de temps concédez-vous à une personne pour lever ces 14 patients en considérant qu’il y a en moyenne (sans exagérer):
- 2 patients paralysés d’un côté.
- 2 patientes très confuses qui ont jouées dans leurs culottes d’incontinence et ont faits des dégâts dans leurs lits, leurs mains, leurs visages… (Changements de lits urgents, on s’entend ???)
- 2 patients très lourds qui souffrent au dos.
- 2 patients branchés sur des pompes avec lunettes d’oxygène et sondes, bref remplis de fils !!!
- 2 patients à qui l’on doit expliquer et réexpliquer les principes de la marchette (pour stimuler leur autonomie) et les installer dans un fauteuil gériatrique avec ceinture et tablette.
- 1 patient à installer droit dans son lit, oreiller au dos, parce qu’il doit rester alité.
- 2 patients qui sont faciles à mobiliser, mais qui refusent de se lever et deviennent agressifs.
- 1 patient autonome. (La joie!)
Mais ce n’est pas tout. Pendant que l’on doit lever tous ces patients :
- 6 d’entre eux ont besoin d’aller aux toilettes, se déplacer (pour stimuler leur autonomie) et les autres on doit, soit changer leurs culottes, soit les installer sur la bassine ou la chaise d’aisance.
En une heure, pensez-vous que c’est possible de BIEN faire tout ça ???
Je mets de l’importance sur le mot BIEN et je m’explique…
Je parle de « bien faire » dans le sens où :
- J’aime quand mes patients travaillent eux-mêmes le plus possible pour se mobiliser (ça stimule leur autonomie), mais je pourrais aussi les prendre par le dessous des bras et la culotte et tirer, en disant « Go on se lève » ça irait plus vite !!!
- J’aime aussi quand mes patients ont les parties génitales et les mains bien nettoyées lorsqu’ils vont à la toilette (c’est plus sain), mais je pourrais camoufler le tout avec une culotte d’incontinence neuve, sans laver leurs mains et personne n’en saurait rien, ça irait plus vite !!!
- J’aime aussi répondre aux cloches d’appels le plus efficacement possible. (Souvent les besoins des patients sont importants), mais je pourrais simplement éteindre la cloche d’appel sans répondre à la demande du patient, ça irait plus vite !!!
Bon, revenons au déjeuner. À chaque cabaret distribué, je leur installe un tablier et m’assure qu’ils aient les mains propres.
Sur les 14 cabarets distribués :
- 9 d’entre eux ont besoin d’aide pour ouvrir tout leurs contenants.
- 7 d’entre eux ne graissent pas leurs rôties et on les assiste le temps qu’ils le fassent seul avec consignes (pour stimuler leur autonomie).
- 2 d’entre eux ne mangent pas seul.
Combien de temps allouez-vous à une personne pour nourrir deux êtres humains ???
Ensuite la PAB doit ramasser tous les cabarets, noter le pourcentage de la nourriture mangée par le patient et noter s’il y a lieu les dosages de liquide bu.
Maintenant, pour continuer dans les moyennes non exagérées…
- 9 bains partiels ou complets doivent être faits (en moyenne, selon notre plan de travail).
- 3 lits doivent être changés au complet (sans compter les imprévus).
Combien de temps accordez-vous pour BIEN faire ces tâches ???
Je m’explique encore sur le mot « BIEN »…
- J’aime nettoyer avec soins mes patients. Savonner, rincer, essuyer, crémer (ils le méritent), mais je pourrais aussi n’utiliser que le savon sans rinçage qui n’élimine pas les odeurs et qui ne sent rien et essuyer très rapidement en laissant de l’humidité, personne ne le saurait, ça irait plus vite !!!
- J’aime faire la barbe de mes patients. Ils sont âgés mais ont encore une fierté et j’ai l’impression qu’ils feel mieux (c’est sûrement psychologique de ma part). Je pourrais me dire, la barbe peut s’endurer encore 1 jour ou 2, les employés de demain le feront, ça irait plus vite !!!
(et je me le dis souvent, je n’ai pas le choix).
- J’aime quand mes patients propres se couchent dans un lit propre. Je pourrais tout simplement ne pas le faire quand le lit ne semble pas souillé, ça irait plus vite !!!
Ensuite arrive le temps du dîner. Je pourrais répéter le même paragraphe que celui du déjeuner (ça aurait plus d’impact), mais je vais m’abstenir en espérant que cette partie là, ait été bien comprise… ça va aller plus vite !!!
Pour faire plus court dans toutes les tâches que je n’ai pas encore mentionnées, je vais les ajouter ici… Notez bien qu’on termine notre chiffre de travail à 15hrs pm. En épargnant beaucoup de détails, puisque les journées se suivent, mais ne se ressemblent pas…!
– La moitié des patients veulent se coucher après déjeuner, se relever pour diner, se recoucher après diner et parfois se relever encore. (Moyenne de 21 mobilisations en levée et couché).
– Presque tous vont à la toilette 3 fois par chiffre de jour (13×3=39), (Pour un patient autonome à ne pas oublier) !!!
Regardez bien, juste la dernière phrase entre parenthèse… 39 FOIS allés/retours des toilettes ou changements de culottes !
Combien de temps estimez-vous à quelqu’un pour faire cette tâche 39 fois ???
(N’oubliez pas d’ajouter à ça les 9 bains partiels ou pas, les 3 changements de lit et la liste qui suit…)
- 3 patients doivent être préparés pour un examen. Ce qui s’avère être de nouvelles mobilisations.
- 1 départ ou une admission de patient (qui inclut du temps de préparation).
- 5 collations à distribuer aux personnes diabétiques (on ne les lance pas sur les tables. Ça indique ici d’installer le patient pour qu’il soit capable de manger ou de le nourrir s’il en est pas capable seul).
- Vider les poches souillées dans la chute à linge. (Moyenne 7 par jour, s’il n’y a pas de cas en isolation).
- Désinfecter tous les chariots de poches souillées
- Faire la tâche de la semaine (ex : laver le frigidaire appartenant à tout le personnel).
- Remplir les chariots de lingerie, de nettoyants, crèmes, culottes, etc.
- Ramasser les traîneries sur les tables des patients et désinfecter celles-ci.
- Chaque civière ou fauteuil roulant doit être désinfectés après utilisation.
- Sans oublier que l’on a en moyenne 1h15 min. de pause et dîner combinés.
Aussi, plusieurs imprévus arrivent au mauvais moment. En moyenne (j’aime faire une moyenne de mes 5 années d’expériences) 2 de cette liste arrivent au moins à tous les jours.
– Renversement de pichet d’eau.
– Vomissures.
– Dégâts de selles ou d’urine.
– Mauvais cabaret (doit se rendre à la cafétéria en chercher un autre).
-.Commission à faire pour infirmière (aller en stérilisation ou aller chercher commande au laboratoire).
-.Patients à risque de chute qui se lève seul trop souvent (surveillance étroite difficile à faire lorsqu’on est occupé à une autre tâche).
-.Faire marcher les patients, selon le tableau de recommandation du programme de mobilisation.
– Bonbonnes d’oxygène vides lorsqu’on en a besoin immédiatement.
– Patients en isolation (C difficile ou SARM) qui demande plus de temps de préparation.
– Réunion d’équipe à tous les matins (où souvent les préposées sont parfois trop occupées pour y assister, et ça ne semble pas toujours très important aux yeux d’une partie du reste du personnel que la préposée ne connaisse pas les problèmes de ses patients).
– Mettre le plan de travail à jour et signer les tâches faites.
– Nettoyage des bassines, bols de bain et autres équipements.
– Patient qui utilise la cloche d’appel régulièrement parce qu’il a chaud, froid, est mal installé, ça lui pique dans le dos, est inquiet, etc.
Vous adjugez combien de temps aux imprévus ???
Notez bien, que mes patients ont toujours été MA PRIORITÉ. Je sais aussi qu’ils m’appréciaient. Souvent je me suis fait remercier de ma douceur et ma délicatesse. J’aimais beaucoup le nouveau programme de mobilité (faire bouger les patients) en fixant des objectifs aux patients sur leur capacité de marcher, d’aller de plus en plus loin, ainsi que leurs AVQ. Mon but premier était de mettre du bonheur dans leur journée, ils en avaient besoin! De plus, j’ai quand même eu la chance de travailler avec des infirmières en or qui s’épuisaient aussi au travail parce qu’elles (ou ils) aidaient beaucoup à mobiliser les patients en plus de leurs tâches… et je les remercie! Par contre, avec tout l’ouvrage qui en découlait la majorité du temps, je dois avouer que j’étais plus qu’épuisée à la fin de la journée.
Maintenant, je tiens à mentionner un point important à mes yeux (qui concerne tout le monde). Le manque de solidarité entre « certains collègues » ou autres quarts de travail… Je précise ici un point important puisque j’en ai été affectée moi-même comme plusieurs, et je l’ai trop souvent remarqué pour ne pas le mentionner.
Avant de vous en faire part j’insiste sur une précision. Tous les points que j’ai dictés plus haut en parlant de ce que j’aime « bien faire » avec les patients, ont été faits de ma part avec tout mon cœur et toute mon énergie. J’ai toujours fait mes tâches du mieux que je pouvais en donnant mon 100%. Prenant soin des patients, je n’ai jamais eu cette école de pensée qui dit « Ça va aller plus vite »!
Mentionnons maintenant les remarques négatives (de certaines personnes) que j’appelle en autre terme « du bitchage » et qui peuvent nuire au rendement, à l’estime et à la confiance en soi et qui peuvent mener à l’épuisement à force de vouloir être parfaite pour satisfaire et plaire à tous…
J’ajouterai entre parenthèses ma remarque personnelle.
– Plainte d’une collègue du chiffre du soir que les plats de collations ne sont pas ramassés sur les tables des patients. (Dans le pire des cas, il y en a juste 5 qui traînent, alors en passant les verres d’eau avec ton chariot, tu peux facilement les ramasser non ?!!)
– Plainte d’une collègue du chiffre de soir sur le fait que les draps du fauteuil patient n’ont pas été changés en même temps que le lit. (Quand je change le lit du patient, souvent le patient est assis sur son fauteuil, je ne peux donc pas changer le drap du fauteuil. Plus tard, je manque souvent de temps. Mais toi tu peux! À 10hrs le soir quand tous les patients sont couchés!!! Et si tu n’as pas le temps…. Je ne te jugerai pas) wink emoticon
– Plainte d’une collègue du chiffre de soir que les culottes n’ont pas été changées pendant la dernière tournée. (Si je commence ma dernière tournée de culottes à 14hrs et que toi tu passes à 15h30, il est fort possible que tu trouves une ou deux culottes souillées. Penses-tu que je ne vois jamais de culottes souillées quand je commence mon chiffre le matin? Et non, je ne me plains pas, je comprends que ça se peut, puisqu’il n’y a pas encore de minuterie sur la vessie des gens…) !!!
– Plainte d’un autre chiffre que le vidage des poches de linge souillées ou le remplissage n’ont pas été fait. (Ben non! Je n’ai pas eu le temps aujourd’hui! C’est rare mais ça arrive. Câline… Mes patients ont été prioritaires! J’espère, moi aussi, que ça ira mieux demain !!!)
-.Affirmation d’une collègue à une autre lorsque j’ai travaillé dans un département où je n’étais pas habitué du tout et qui demande des soins particuliers. «Ha non! Ils nous envoient toujours des petites nouvelles qui sont pas habituées, j’suis assez tannée»! (Yououuu!! je suis là! Que c’est agréable de commencer une journée avec un bel accueil comme ça !!! Surtout quand j’ai angoissé toute la nuit à l’idée d’être obligé d’aller travailler à un endroit où je ne suis pas à l’aise du tout et que j’appréhendais déjà ce genre d’attitude ! Je me demande bien pourquoi…)
-.Phrase que j’ai entendue trop souvent dans plusieurs départements, sauf dans mon département habituel où mes collègues me connaissent bien. « ELLE EST OÙ MA PRÉPOSÉE ? » ou encore « Heille! C’est tu toi ma préposée ? Viens ici j’ai besoin ! » (Heu… J’ai un prénom moi aussi et il est encore plus beau que « ma préposée »! De plus, je ne t’appartiens pas! Nous sommes une équipe de 3. Serait-il possible de retenir mon prénom qui est écrit au tableau ?!! Au pire, écris-le sur ton bras si tu n’as pas de mémoire…)
On tente d’apprendre aux enfants le respect, l’acceptation, la compréhension, la communication, bref, rendu en milieu de travail est-ce que l’on pourrait appliquer ces belles valeurs ? Croyez-moi, L’harmonie et la qualité du travail accompli commence par tout ceci… wink emoticon
Voilà toutes les raisons pour lesquelles je me suis épuisée à vouloir satisfaire à tout le monde dans ce que je croyais être « Ma Vocation ».
La petite goutte qui a fait déborder le vase maintenant…!
Je suis monoparental. Je n’ai pas de mère ou belle-mère qui est disponible en tout temps, comme bien d’autres, pour s’occuper de mon enfant au besoin. Comme je suis seule avec mon enfant, je ne suis pas assez fortuné pour réserver un budget au gardiennage. Étant disponible sur le chiffre de jour, on exige d’être disponible et de travailler au moins 2 soirs semaine. Je réussis parfois à m’organiser mais là dans ce cas-ci c’était plus compliqué. On me demandait de travailler de soir (dans le département mentionné plus haut où je ne suis pas à l’aise et ne me sens pas la bienvenue) et de rentrer de jour le lendemain. Je tente par tous les moyens de trouver une solution. Je demande un refus de quart. On me dit que selon la nouvelle convention, on ne peut plus faire ça. Je tente d’échanger avec un autre employé, je ne trouve personne et je n’ai pas droit à la liste d’employés. Je demande alors des vacances fractionnées. On me le refuse aussi, je ne suis pas dans les délais. Donc, je demande à la liste de rappel de me proposer une autre solution. Voici la solution que j’ai reçue, sur un ton de voix aussi agréable qu’une gastro : « Trouve toi une gardienne comme tout le monde »!
J’ai démissionné !
NB (Je tiens à ajouter que pendant mes 5 années au centre hospitalier de ma région, j’ai fait des rencontres merveilleuses. Je m’ennuie de mes collègues avec qui j’ai développé une belle complicité, ce qui rendait tout de même l’atmosphère agréable à travailler. Je m’ennuie également de mettre du soleil dans la journée de mes patients. Pour eux, j’étais à ma place, et ils appréciaient ma façon de prendre soins d’eux. Je les remercie, collègues et patients, qui m’ont permis de tenir le coup pendant tout ce temps. Maintenant, je ne suis plus là, mais sachez que je vous appuierai toujours et m’impliquerai à faire reconnaître cette gratifiante vocation !!!

27 mai 2014

Des caméras dans les chambres des résidences : Pour ou contre ?


QUELLE JOIE

La question du jour de mon journal portait sur les caméras que les familles installent ou voudraient installer dans la chambre du CHSLD où est soigné un de leurs proches. Oui aux caméras, ont dit 78 % des 12 000 répondants.
Cela m’a mis de bonne humeur comme chaque fois que l’humanité fait un petit pas en avant, ce qui lui arrive, à l’humanité, presque tous les matins. Hop, un petit pas en avant, hop, un autre.
Ces caméras, donc.
Comme vous, je les crois indispensables pour trois raisons. Un, le vol : protéger les résidants de la rapacité des préposés syndiqués. Deux, les coups : protéger les résidants de la brutalité des préposés syndiqués.
La troisième raison, la plus importante : ces caméras favorisent le rapprochement des familles. Les nouvelles technologies, ces caméras, donc, pourvues d’un modem, permettent à tout instant de voir sa mère, en direct dans sa chambre, sur l’écran de son téléphone intelligent ou sur l’écran de son ordi, même de la télé. Plus besoin d’aller au CHSLD. De toute façon, quand t’y vas, elle ne te reconnaît pas. Et puis, il faut bien le dire même si c’est notre mère, elle ne sent pas très bon.
On peut même enregistrer les meilleurs moments de grand-maman au CHSLD pour les repasser après sa mort. Ah oui, c’est la fois où elle a recraché sa purée dans les lunettes du préposé. Qu’est-ce qu’on a ri.
***
Mais d’abord sécurité, sécurité. Protéger ces pauvres vieux contre le vol. On le sait, les CHSLD et même certaines résidences privées sont des repaires de syndiqués. D’ailleurs pas si bien payés pour des syndiqués. On ne s’étonne pas qu’ils se paient sur la bête. Tout disparaît. Les bijoux, les habits, même les piles des appareils auditifs…
Où sont tes piles, Mémé ?
Y m’les ont volées.
Je connais une préposée, la jeune quarantaine, elle vient de s’acheter un condo à Pompano, elle prend sa retraite la semaine prochaine. Avec quoi tu vas vivre, chérie ? Mon argent est fait, qu’elle m’a répondu.
Ben tiens.
Il y a aussi que les vieux se volent entre eux. J’étais chez un ami l’autre soir dont la mère est dans un CHSLD. Il va souvent la voir, je veux dire sur l’écran de son téléphone intelligent…
Là, qu’est-ce qu’elle fait ta mère ?
Elle dort. On l’a regardée dormir un moment, c’est alors que la porte s’est ouverte sur une visiteuse aux allures furtives… C’est la voisine de la chambre d’à côté, m’a soufflé mon ami, regarde, regarde, elle vient de lui voler des bonbons… Il a appelé aussitôt à la résidence. Vous faites quoi, là ? Vous êtes dans votre break, je suppose ? Pendant ce temps-là, ma mère se fait voler ses bonbons par la salope d’à côté.
Le pire, ce sont les enlèvements. Les caméras vont beaucoup aider pour réduire le nombre d’enlèvements. Quand c’est un bébé qu’on enlève, ah ben là, cinq pages dans le journal, mais un vieux… Je parie que vous n’avez jamais entendu parler des réseaux de traite de vieux dans les CHSLD. Ce sont surtout des vieilles qui sont enlevées pour servir de grand-mère à tout faire, surtout dans les pays arabes. J’ai un ami comme ça qui était en vacances en Tunisie, dans un souk, il reconnaît sa grand-mère disparue depuis longtemps. Grand-maman ! Qu’est-ce tu fais là ?
Elle ne parlait presque pu français. Qu’est-ce que ji fais ? Ji fais le couscous, ji fais le ménage, toutes ces choses-là.
***
Quand je grince, c’est que quelque chose me tue. Ce 78 % me tue. Me pue.
Il y a quelques années, une caméra cachée avait montré un préposé en train de traîner un petit vieux sur le plancher comme une poche de patates. Les médias l’avaient passé et repassé mille fois. Les préposés étaient devenus des salauds absolus. J’avais écrit une chronique pour vous rappeler que ces salauds ont les mains plongées jusqu’aux coudes dans la merde de vos parents pour 400 piasses par semaine à l’époque. Ça ne doit pas être beaucoup plus aujourd’hui. J’avais montré leur travail, le petit vieux constipé qu’il faut débonder au doigt. Le gavage des repas : une préposée pour trois pensionnaires sur une chaise à roulettes pour aller plus rapidement de l’une à l’autre, celui-là régurgite, celle-là s’étouffe, la troisième s’empiffre et à la fin défèque, venez madame, on va vous changer. Huit bénéficiaires sur dix sont en couche.
Dans ses moindres détails, et il y en avait beaucoup, la chronique avait été documentée par une préposée devenue libraire depuis peu. Denise, son nom. Elle vient juste à l’instant de me réécrire. Faudra-t-il recommencer, me dit-
elle ? Saurez-vous expliquer à 78 % de… et de… que la dernière chose à faire est de mettre une caméra dans les chambres des CHSLD ?
Expliquez-leur, M. le journaliste, que les caméras pour vérifier si les caissières proposent bien au client la carte de fidélité de leur merdique magasin, ces caméras-là, c’est Big Brother. On est rendu là. Y’a même plus de débat.
Avec les caméras dans les chambres des CHSLD, on atteindra le dernier niveau d’indignité. On ne pourra pas aller plus bas.
***
Oui aux caméras, ont dit 78 % des 12 000 répondants à la question du jour de mon journal. Cela m’a mis de bonne humeur comme chaque fois que l’humanité fait un petit pas en avant, ce qui lui arrive, à l’humanité, presque tous les matins. Hop, un petit pas en avant, hop, un autre. Quand je vais mourir, ce sont ces petits sauts-là qui vont me manquer le plus. Je suis à imaginer une urne sauteuse pourvue d’un mécanisme à ressort que l’on programmerait pour sauter tous les matins, hop, l’urne ferait un petit bond dans sa crypte et j’aurai l’impression de continuer de participer au progrès du monde avec 78 % d’entre vous.
Quelle joie.


*********************************************************************************************************************************


Si des caméras dans les cambres des résidentEs peuvent démontrer clairement à l'État et aux familles le manque de ressources des préposées dans les résidences et les CHSLD, et bien tant mieux ! Si ces mêmes caméras montrent des situations ambiguës vécues par les résidentEs ou vécues par les préposées, se sera un pas en avant vers de meilleures conditions de travail pour les préposées et une sécurité accrue pour les résidentEs. 
Une famille a-t-elle le droit de placer une caméra dans la chambre de leur mère, dans un CHSLD public, afin d'assurer sa sécurité?
C'est la question que la Cour supérieure tentera de trancher dans les jours qui viennent après qu'une famille ait posé ce geste pour s'assurer des bons soins sur leur mère.
Les détails ici : Texte complet
— Je suis d’accord avec ça je fais du bon travail et ont pourrais voir ce qu’ont subis avec certains patients

— Moi je ne suis pas d'accord, car imaginez vous , vous faire filmer pendant que le patient se fait laver ou changer de culotte !!! Il faut penser l'intimité du patient !!! Moi je suis PAB dans un Csss et je fais mon travail avec professionnalisme !!!
— J'imagine que le visionnement ne se fait qu'en cas de plainte ou de doutes sur une situation problématique. Les caméras peuvent servir autant pour les résidentEs que pour les préposées. Si on accuse une préposée de gestes malencontreux, elle peut utiliser la caméra comme moyen pour démontrer qu'elle a agi correctement. Les caméras servent dans les deux sens.
— moi je suis d’accord des fois c a peut être les patients qui son très déplaisant avec les préposées et même envers d’autres patients...
— moi qu’il y est caméra oui ou non ça m’est égal peut être justement ils verront que nous n’avons pas grand temps avec nos patients
— ils vont aussi voir comment nous faisons bien notre travail !!!

J'attend vos commentaires ! 


29 avril 2014

Attention ! Attention! À toutes les PAB ... !

Manifestation le mardi 20 mai prochain, de midi à 13h. à la résidence Dufferin, 88 Rue Dufferin, Salaberry-de-Valleyfield, QC J6S 1Y2 Salaberry-de-Valleyfield
Cette manifestation est pour contester les conditions de travail des Préposées aux bénéficiaires. Vous êtes tous et toutes invitéEs à venir appuyer nos revendications. La FTQ et les journalistes seront sur place.
Pour plus d'info, joindre Josianne Labonté sur son FB.

25 avril 2014

Elles travaillent avec amour, mais ça, ça ne se diplôme pas!


Une journée dans la vie de Colette

Colette vient d’arrivée à la résidence où elle travaille avec une dizaine de personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer, il est 15 h: 20, juste le temps d'échanger quelques mots sur la journée de travail de sa collègue et de la saluer avant qu'elle quitte. 

M. Joseph marmonne! Je ne comprends pas ce qu’il dit, mais ça n’a pas l’air aimable et c’est peu dire. Ma collègue revient à la cuisinette l’air surpris, comme elle l’est à chaque fois et me dit « Sais-tu ce que m. Joseph vient de me dire ? Il m’a traité de grosse vache! » Et ce ne sera pas la seule fois où ma collègue se fera traiter de tous les noms durant son quart de travail. Les membres des familles des résidentEs de sexe féminin et les résidentes elles-mêmes y passent. Heureusement tous les résidents ne sont pas aussi grossiers, mais il arrive que certains d’entre eux soient très hargneux ou tout simplement misogynes, et ce n’est pas leur maladie qui les rend de la sorte, nous le savons toutes, mais nous faisons comme si... 

Sa journée ne fait que commencer. Elle voit M. Job qui commence à uriner dans le corridor en se dirige vers la chambre d’un autre résident. Il ne comprend plus ce qu’on lui dit. Lui, c’est sa maladie qui le rend ainsi. M. Jef qu’on entend toujours grogner, un peu comme M. Joseph, est exigeant et toujours mécontent, quémande son attention et exige qu’elle l’aide à se déplacer vers sa chambre avec sa chaise roulante. Et puis M. Jos se mêle de la partie en voulant manger les balles de tennis creuses qu’on met sous les pattes de chaises pour qu’elles glissent plus facilement. Ma collègue court à gauche, et à droite entre deux insultes que M. Joseph lui lance. Oui, oui, M. Joseph, j’arrive! lui lance Colette en courant pour enlever la balle de tennis de la bouche de M. Jos en s’occupant de déplacer M. Jef dans son fauteuil roulant, et va, poursuivant sa course, essuyer les dégâts de M. Job. 

16 h, c’est l’heure des médicaments. Ils ne sont pas trop résistants pour se faire donner leurs médications, qui les soulagent peu, mais sont d’excellents placebos. 16 h: 30, le souper arrive. C’est la course qui recommence, ils veulent tous être servis en même temps.  J’entends marmonner M. Joseph. Ma collègue se transforme en « waitress ». M. Jef refuse son assiette qui lui demande des toasts au beurre de peanuts avec de la confiture en exigeant d’enlever les croûtes du pain ; Mme Dora veut son thé et mme Doris son café faible. Finalement ma collègue a fait des rôtis pour la moitié des résidentEs, distribué les breuvages et les desserts. En plus de faire la navette entre la cuisine et les tables, elle nettoie les dégâts de M. Job et lui demande de cesser de fouiller dans l’assiette de Mme Dora, essuie la bouche et le nez de M. Jos qui dégoulinent, et continue d'endurer les sarcasmes de M. Joseph. Le souper achève, ma collègue va maintenant s’occuper de Mme Dorothée, qui ne mange plus d'elle même, elle a 100 ans. La plupart d'entre eux attendent, sur la liste, une place dans les centres de soin longue durée... 

17 h: 10, Colette dessert les tables. Moment de répit! Non! Elle voit M. Job baisser son pantalon pour..., on ne le saura pas puisqu’elle remonte le pantalon en vitesse et le dirige vers la salle de bain. On sonne à la porte de son département ! Avec hésitation, elle laisse pour quelques instants M. Job sur la cuvette pour ouvrir. Certains membres des familles qui viennent visiter leurs parents n’aiment pas attendre, ils s’impatientent et le font sentir à ma collègue. Elle les laisse pour retrouver M. Job qui a beurré les murs de la salle de bain de ses selles. 

La plupart des préposées aux bénéficiaires employées dans des résidences, privées et/ou intermédiaires*, sont des femmes de tous âges. Les plus jeunes sont souvent chefs de famille. Certaines d'entre elles sont peu scolarisées, pourvues d'intelligence et de coeur, elles travaillent avec amour, mais ça, ça ne se diplôme pas! 

_________________
Voici quelques statistiques:
QUELQUES STATISTIQUES :
Saviez-vous qu’on comptait en 2011, 747 000 Canadiens atteints de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée? Ce chiffre atteindra 1.4 million en 2031. 
  • Pour chaque personne atteinte, il y aurait environ 10 personnes affectées dans l’entourage immédiat (les proches aidants).
  • Les proches aidants (familles, amis) assument environ 80% des soins à domicile requis par les personnes âgées.
  • Plus de 35% des aidants dans la collectivité sont âgés de plus de 70 ans.
  • Les coûts annuels des atteintes cognitives  augmenteront de 33 milliards (aujourd’hui) à 293 milliards de dollars en 2040.
  • En 2011 les proches aidants ont passé 444 millions d’heures non payées en prenant soin d’un membre de la famille atteint d’une maladie cognitive. Cela représente 11 milliards de dollars en perte de revenu et plus de 230 000 emplois à temps plein perdus. En 2040, les proches aidants dépenseront 1.2 milliard de dollars en heure non payée.
  • Les femmes représentent 72 % de tous les Canadiens atteints de maladie d’Alzheimer.
  • L’âge demeure le facteur de risque le plus important. Le risque double tous les 5 ans après l’âge de 65 ans.
  • La maladie d’Alzheimer ou maladie apparentée peut également atteindre des personnes dans la40aine ou la 50aine.
  • Les modifications dans le cerveau qui mènent à la maladie peuvent débuter 25 ans avant l’apparition des premiers symptômes.
  • Les causes de la maladie d’Alzheimer ne sont pas totalement comprises et il n’existe pour le moment aucun remède.
  • Il n’existe pas de moyen de prévention, mais un régime sain, l’activité physique, mentale et sociale peuvent, réduire les risques.
Références:
http://www.alzheimer.ca/fr/About-dementia/Dementias/What-is-dementia/Facts-about-dementia

1 avril 2014

Enfin ! M. Lemelin de la FPABQ se manifeste sur des proposes douteux !

Avant d’entrer dans le vif du sujet j’aimerais remercier toutes les PAB qui sont venus données leurs opinons et leurs commentaires sur l’article « Lâchez-moi avec votre dignité»

J’invite toutes les PAB à venir lire les commentaires, riches d’informations et de témoignages, et à écrire d’autres témoignages. Plus nombreux seront ces témoignages, plus vite notre métier sera mieux compris et nous serons entendues !
=======================================================================

Pour la FPABQ 
(Fédération des préposées aux bénéficiaires du Québec)

M. Lemelin, bonjour !
président directeur général

Pour commencer, je tiens a m’excuser de ma bévue concernant le coût annuel de 100 $ que j’ai indiqué dans mon blogue, ce 100 $ est le prix pour adhérer à votre Fédération. Les frais annuels de 5 $ indiqués au verso de ma carte de membre n’ont pas attiré mon attention, surtout quand je n’ai pas à m’en servir souvent. 

Ceci dit, je soutiens mon propos, et je crois tout à fait juste de dire : « Que l’on soit membre ou non d'une fédération (association) ne devrait influencer en rien le jugement porté sur une information, mais je me pose tout de même la question. Rassurez-moi, madame Rodrigue, et dites-moi que ma démarche ne sera pas traitée comme elle a été de la part de ces cyniques personnages. À l'ère de la Commission Charbonneau, nous devons nous attendre à tout, et cela favorise le cynisme. » (http://sante-prepose.blogspot.ca/2012/11/normal-0-0-1-317-1810-15-3-2222-11.html). 

Je ne fais que suivre le courant ! À l’ère de la commission, et maintenant à l'ère de l’intégrité et de  la transparence, je réitère ma demande concernant les rapports annuels des assemblées générales de votre organisme, fait à votre endroit, il y a trois semaines environ. 

D’autre part, j’ai eu accès à une publication dans le cadre d’un travail de recherche impressionnant portant sur le métier de préposées aux bénéficiaires, de madame Louise Boivin, chercheuse en sciences humaines, qui me l’a suggéré pour mon blogue, sans aucune condition de sa part. Sans sa perspicacité et sans sa générosité, je n’aurais jamais pu obtenir cette mine d’information. Si véritablement, la situation des préposées aux bénéficiaires vous teint à coeur, impliquez-vous davantage, faciliter l’information sur notre métier, et agissez avec promptitude à promouvoir la mission de la FPABQ. 

La fédération fut fondée en 2003, à la demande de M. Philippe Couillard, alors ministre de la Santé, afin de représenter les PAB dans le secteur public et privé. Dans l’état lamentable où se trouve le métier et la formation des PAB du secteur privé, je dois me demander quels étaient vos intérêts à vous et à M. Couillard, ainsi qu’aux hauts fonctionnaires, puisque ça fait des décennies que la formation des PAB dans le privé se dégrade à vue d’oeil. Malgré les dérapages de son assurance autonomie, M. Hébert a tout de même corrigé le tir, quelques mois près son arrivée comme ministre de la Santé, en mettant de nouvelles règles concernant la formation des PAB dans le secteur privé. Il  était plus que temps, ne croyez-vous pas ?  

Je dois vous poser ces questions, M. Lemelin : quelle est l’utilité de votre fédération pour les préposées aux bénéficiaires ? L’intégrité morale et physique ; la formation et les conditions dans lesquelles ces femmes travaillent ; sans oublier leurs réputations sont mises à mal, pour ne pas dire mal traitées. À qui sert la fédération ? Est-ce un écran de fumée pour mystifier les PAB, en leur faisant miroiter qu’un organisme s’occupe d’elles, moyennant 100 $ d’adhésion, qu’elles peinent à gagner ? Votre fédération sert-elle de paravent aux réels problèmes que des milliers de préposées aux bénéficiaires vivent quotidiennement dans les CHSLD, dans les résidences privées et dans les soins à domiciles ? Les lacunes qui sévissaient dans ce secteur de la santé depuis les années 1990, ni vous, ni le ministre de l’époque, ni personne n’était au courant ? Les seuls changements que nous pouvons observer sont, le morcellement du métier de préposées qui ne cesse de s’accentuer à travers des agences privées, et des mécanismes qui tardent à se mettre en place pour l’application de la réglementation concernant la formation des préposés aux bénéficiaires présentée par le ministère de la Santé dans le cadre de l’assurance autonomie. Si vous êtes en accord avec votre mission, il est grandement temps d’agir ! Une décennie de plus et il sera trop tard ! 

Lemelin, acceptez mes salutations. 
Ginette Dupuis 

À lire :  Les aînÉes souhaitent que le projet résiste aux batailles politiques

(Concernant la validité de ma carte de membre à la date où parut mon blogue sur « Des propos douteux entre des fonctionnaires libéraux et le directeur de la Fédération des préposés aux bénéficiaires du Québec. » (http://sante-prepose.blogspot.ca/2014/03/m-couillard-ne-remplira-pas-ses.html), je peux vous affirmer que ma carte était bel et bien valide à la date de parution de mon blogue. Je l’ai reçu en janvier, je m’en souviens très bien, car je m’étais fait la remarque : pourquoi envoyé une carte de membre quatre mois avant la date de validation ? Quoi qu’il en soit, je n’ai jamais douté de la validité de ma carte que je conserve soigneusement, ainsi de la date du 31 mai 2011 au 1er juin 2012.)
__________________________________________________________________________

Message de M. Lemelin de la FPABQ

Objet : Blogue 2014 
Madame Dupuis, 
Je prends quelques minutes, afin de vous écrire en réponse à vos propos tenus sur votre blogue en date du 29 novembre 2012, 03 mars 2014, 24 mars 2014 dernier, ayant pour sujet et concernant notre Association. 
En ce qui concerne votre carte de membre, j’aimerais porter à votre attention, les renseignements suivants : Selon notre registre, votre adhésion fut reçue le 24 janvier 2011, votre carte de membre fut expédiée le 03 février 2011, elle était valide pour une période d’un (1) an, normalement votre adhésion devait se terminer le 24 janvier 2012. Vous avez adressé le commentaire suivant à Madame Rodrigue : «… P.-S.: J’avais encore ma carte de membre valide au 30 mai dernier...» (Extrait blogue http://sante-prepose.blogspot.ca : Propos douteux de la FPABQ, 29 novembre 2012). Advenant de ce que vous avez affirmé à Madame Rodrigue que votre carte de membre indiquait le 30 mai 2012, vous auriez à ce moment-là, bénéficié de quelques mois supplémentaires sans frais. De plus, lors de la rencontre avec ce haut fonctionnaire, vous n’étiez plus membre de notre Association. Au sujet des propos tenus par celui-ci, ils sont sans importance. Il a un rôle à jouer et j’ai le mien et pour tout vous dire, je fais abstraction de ses propos. 
Votre texte sur votre blogue (http://sante-prepose.blogspot.ca) sous le titre : «Comprendre la maltraitance afin de mettre en oeuvre la bientraitance», en date du 03 mars 2014 dernier, nous avons constaté l’extrait suivant : 
[...] D'autres facteurs imposés au métier de préposé(e)s sont les lésions professionnelles. Elles sont les plus touchées dans tout le réseau de la Santé et des Services sociaux. En plus des lésions occasionnées par leur travail, il a été montré que les préposé(e)s souffrent de la forte distanciation entre une norme organisationnelle tournée vers les enjeux de temps et de quantité de travail, et une éthique personnelle, celle du prendre-soin. Cette identification au caring est d’autant plus importante qu’elle permet aux préposée)s de se valoriser face aux éventuels soupçons de maltraitance. [...] (Source : extrait du colloque tenu dans le cadre du 81e congrès de l’ACFAS, 07 mai 2013 - Aides-soignantes et préposés aux bénéficiaires : Enjeux sociaux et scientifiques actuels 
Cet extrait est tiré de notre document, selon une entente que nous vous proposions, par courriel en date du 5 février 2014 dernier, nous vous avions autorisée son utilisation conditionnellement … avec mention de la source. Dans ce même envoi à la même date, nous FPBQ Page 2 

avons expédié à votre demande ledit document du résumé des conclusions du colloque dans le cadre du congrès de l’ACFAS, parrainé par la Fédération professionnelle des préposé(e)s aux 
bénéficiaires du Québec, de deux pages accompagnées du logo officiel de la FPBQ, tirées de notre journal Gros Bon Sens, avec comme pièce jointe :« retour _colloque_destine_pab_2013», sous le titre «Retour sur le colloque destiné aux préposé(e)s aux bénéficiaires – ACFAS 2013». En bas de la page du résumé du colloque, vous aviez l’inscription suivante : «Source : Journal Gros Bon Sens de la Fédération professionnelle des Préposé(e)s aux bénéficiaires du Québec (FPBQ), association professionnelle». Venant d’une correspondance officielle, nous vous demandons de vous conformer à notre offre ou d’enlever cet extrait ci-haut mentionné de votre blogue. 
À propos du financement de notre Association. Toute Association doit se financer car nous avons des dépenses courantes : le téléphone, l’internet, l’hébergement et l’entretien du site Internet, les déplacements lors de séjours extérieurs (Conférence FPBQ auprès des CFP, rencontres partenaires du Réseau, inspections, enquêtes, …etc.), avis juridiques, service des professionnels, imprimer des documents, logiciels, stationnements, essence lors des rencontres avec différents Ministères, pour ne nommer que celles-ci, excluant les salaires, car nous sommes tous bénévoles actuellement (Nous acquittons notre adhésion comme tous les membres), pour continuer, nous devons avoir un financement afin de nous permettre de poursuivre le travail d’aide dans les soins auprès des Aînés, des personnes vulnérables et la reconnaissance de la profession des préposé(e)s aux bénéficiaires. Sans ressources pécuniaires, ce sera la fermeture de notre Association, c’est d’ailleurs ce qui s'est produit, malheureusementavec l’Association des préposé(e)s aux bénéficiaires APABQ de Montréal. ll n’y a rien de gratuit, tout à un prix. Dans un monde idéal, si nous avions accès à un financement entièrement gouvernemental pour l’année en cours, vous auriez accès à des services gratuits ou à peu de frais, inopportunément, ce n’est pas notre cas. 
Effectivement, nous reconnaissons que la somme de 100,00$ est une somme importante, surtout pour les hommes, les femmes, les familles monoparentales, à salaire minimum. Votre opinion, «… surtout pour ce que ça donne...», nous respectons votre avis. Par contre, nous avons des membres gagnant le salaire minimum qui sont avec nous depuis 2004, 2005, 2006. Lors d’une discussion avec l’une de ces femmes que j’ai questionnée avec qui nous nous sommes entretenus sur divers sujets: «Au cours de toutes ces années, pourquoi restez- vous avec nous ?», elle m’a répondu : «On veut que ça change !», et de lui répondre, «Vous savez que le changement prendra du temps et ça ne plaît pas à tous !», elle répliqua: «On s’en fout, on veut du changement pour l’avenir!». Certaines d’entre elles me firent remarquer, que les infirmières furent à une époque, des intervenantes sous-payées, isolées, avec peu ou sans ressources, considérées comparativement comme des PAB, non reconnues par le Corps médical. La plupart de ces infirmières conversaient, critiquaient, peu d’elles agissaient, sans résultat ! Jusqu’à ce quelques-unes plus courageuses que d’autres, ont entrepris d’agir pour le bien commun, malgré les critiques de leurs pairs, en s’organisant et en faisant abstraction des commentaires négatifs. Avec de la patience, de la persévérance, leur réussite s’est développée sur une décennie avec le soutien de la population. Aujourd’hui, elles sont reconnues, influentes, elles ont de meilleurs conditions et ont accès à des postes de pouvoir, décisionnels, sous le giron de l’OIIQ, respectées et appuyées par la collectivité et obtiennent abondamment de part et d’autre. Ce résultat est tout à leur honneur, peu importe ce que l’on en pense !